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Le Big Data fait son entrée sur les bancs de l?école

Par Guillaume Rameaux | 20/01/2014
IBM, Formation, Big Data, Hadoop, CDO

Face à la pénurie de compétences dans le domaine du Big Data, des formations spécifiques commencent à se mettre en place. Exemple avec IBM qui s’associe avec des écoles et universités du monde entier.
Comprendre les technologies Big Data est une chose, définir le bon usage pour son business en est une autre, trouver la personne capable de maîtriser les deux touches à l’impossible.
Les entreprises rencontrent les plus grandes difficultés du monde à recruter des spécialistes du Big Data. Problème, d’ici 2015, le Big Data pourrait générer jusqu’à 4,4 millions d’emplois dans le monde. Selon le dernier rapport IBM Tech Trend, réalisé auprès de 1 200 professionnels informatiques, 60 % des entreprises signalaient un manque de compétences dans ce domaine.
Le « Data Scientist », celui qui connaît l’infrastructure IT, surfe sur la donnée, dompte les mathématiques et les statistiques et appréhende correctement les problématiques business est un être rare (et cher). Si tous les futurs emplois ne requerront pas systématiquement de faire appel à ce « mouton à cinq pattes », le besoin de formation se fait de plus en plus sentir.
La naissance du Chief Data Officer
Fort de ses liens avec le monde universitaire, IBM a lancé des initiatives en ce sens partout dans le monde. Des partenariats ont été mis en place avec plus de 1 000 établissements sur les questions du Big Data et des technologies d’analyse. La société d’Armonk fournit des ressources logicielles et matérielles et envoie ses propres Data Scientists exposer ce qu’il est possible de faire les technologies actuelles. Neuf institutions situées aux États-Unis, en Ireland, en Inde, à Singapour ou encore aux Philippines ont rejoint le programme cet été.
Un des derniers partenariats en date concerne directement la France. L’école de commerce HEC a construit avec IBM un cursus intégré à son MBA et dédié au Business Analytics. Les étudiants du parcours « Stratégie » auront donc deux cours de 18 heures chacun.
Le premier, obligatoire, offrira une vision généraliste des enjeux et de l’impact du Big Data dans les entreprises, appuyée par des études de cas. Le second sera une option qui approfondira les technologies informatiques employées pour comprendre la donnée. Dans les deux cas, les cours seront assurés pas des intervenants d’IBM. Environ 80 étudiants devraient être concernés.
« L’engouement a été incroyable, se réjouit Josiane Gain, Responsable des relations universitaires chez IBM France. 150 personnes, notamment issues des cursus en marketing ou en finance, ont demandé à s’inscrire. Ce partenariat est original car il ne concerne pas une école d’ingénieurs ou de technologies de l’information mais des professionnels qui souhaitent acquérir des compétences supplémentaires. Il y a une véritable appétence de la part des business school ».
Tous comme le métier de Data Scientist demande des compétences transverses, les formations qui se mettent en place ne sont pas cantonnées aux écoles d’ingénieurs. Dans les grandes écoles, de plus en plus de formations croisées voient le jour et les cursus d’ingénierie et de commerce se rejoignent souvent dans des troncs communs. Des parcours qui donneront peut-être naissance prochainement aux futurs Chief Data Officier (CDO).
Encore quasiment inexistant en France, ce nouveau titre est régulièrement évoqué par les grands acteurs du Big Data. « Une fois que vous avez votre équipe de Data Scientists, vous avez besoin de quelqu’un pour les coordonner, explique Patrice Poiraud, Directeur Business Analytics et Optimisation chez IBM France.
Le poste de CDO est en train de naître mais son positionnement n’est pas encore pleinement défini ». La question de la propriété des données sera un élément clé dans la définition du job. « Le Big Data, comme son nom l’indique, passe par un travail sur la donnée. Il faut donc déverrouiller la donnée de l’entreprise et faire sauter les silos entre les divisions métiers. Le CDO doit avoir une vue complète sur les données, en être responsable, en avoir la gouvernance et en assurer la sécurité. Aujourd’hui, c’est quelque chose qui n’existe pas ».
Simplifier la technologie
En dehors de la formation, IBM mise également sur une simplification des technologies pour faciliter l’accès aux bénéfices du Big Data. « Prenons l’exemple d’Hadoop. C’est un produit génial mais qui nécessite des compétences très fortes pour être utilisé », souligne Alain Poiraud.
En avril dernier, Big Blue a donc dévoilé son offre PureData for Hadoop. La solution fait partie de la famille PureSystem et embarque InfoSphere BigInsights, la distribution IBM d’Hadoop. La plateforme préconfigurée est prête à être utilisée. « Plus besoin d’une bardée d’ingénieurs », note Patrice Poiraud.
IBM propose également au sein de sa solution SPSS (analyse prédictive), l’outil Analytic Catalyst. Ce dernier est capable de traiter et analyser les données afin de déterminer quel modèle mathématique sera le plus à même de faire ressortir l’information pertinente de ces données.
Une aide qui sera la bienvenue dans de nombreuses entreprises mais qui ne pourra en aucun cas venir remplacer un spécialiste de l’analyse de données. « L’entreprise peut utiliser des outils pour accélérer la mise en œuvre des projets, mais il n’existe pas encore d’outil capable de bâtir une véritable stratégie traduisant le besoin business de la société », tempère le responsable. L’alliance de la formation à la simplification technique pourrait donc constituer la bonne formule pour pallier la pénurie de compétences et voir enfin les technologies Big Data véritablement exploitées.

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PAUL-ANTOINE BISGAMBIGLIA | Mise à jour le 03/02/2014